À l'orée de la vallée

"À Saint-Brieuc on n'a pas Central Park mais on pourrait avoir le parc central"

Raymond Cloarec, directeur du service des espaces verts de la ville de Saint-Brieuc

 

 

Nous avons choisi cet espace car il nous semblait particulièrement intéressant. En effet, la Vallée du Gouédic est un espace vert incontournable en plein centre-ville de Saint-Brieuc. Insuffisamment exploité, il possède pourtant un fort potentiel. C’est un endroit calme et très agréable qui offre à la population briochine un véritable havre de paix au cœur de la ville. On contourne la vallée et on la longe sans s’arrêter. Il nous parait donc essentiel de la mettre ici en valeur. Dans le cadre de notre étude sur le paysage de Saint-Brieuc, nous avons interviewé Raymond Cloarec, directeur du Service des Espaces Verts de la ville. Fin spécialiste de la Vallée du Gouédic et grand passionné de l’aménagement du territoire de Saint-Brieuc, R. Cloarec nous a fourni une aide précieuse et des indications captivantes qui nous ont permis de mener à bien cette étude.

 


La Vallée en quelques mots...

 

Longue de 4,5 km, la vallée du Gouédic représente 286 hectares. C’est une vallée centrale qui relie les différents quartiers de la ville tels que Balzac, Robien, La Croix Saint Lambert, le centre et le port. Au maximum, la vallée peut atteindre jusqu’à 90 mètres de dénivelé, ce qui lui donne depuis certains points de vue une allure de paysage de montagne. Ce paysage naturel s’oppose aussi à celui de la ville tout à côté : “une fois dans la vallée, on est plongé dans un autre paysage complètement différent de la ville, c’est dépaysant” nous affirme le directeur du services des Espaces Verts de la ville de Saint-Brieuc.

La ville de Saint-Brieuc est classée “Ville Fleurie” avec quatre fleurs toutefois la vallée n’est pas encore suffisamment mise en valeur. Les habitants n’ont pas conscience qu’ils ont facilement accès à un incroyable espace de verdure en plein centre de la ville.

 

 


Se situer dans le paysage briochin

 

Ici on se situe au Nord-Est de Saint-Brieuc. Dans le quartier urbanisé de Balzac et à quelques dizaines de mètres de la route nationale 12, juste en contrebas de la résidence universitaire du CROUS. On se trouve donc à l'orée de la vallée du Gouédic, poumon de verdure briochin.

L’endroit que nous avons choisi constitue l’une des 17 entrées de la vallée. Nous y accédons par un sentier, preuve de passage humain, qui part de la résidence étudiante pour descendre en bas de la Vallée. Des arbres bordent ce sentier, puis finissent par laisser place à un creux qui se dessine devant nous et qui rejoint doucement la vallée du Gouédic. On remarque que des habitations se trouvent également sur le pourtour de cette Vallée. Sur la gauche, une résidence étudiante se tient à l’entrée. En contrebas, au milieu de feuillus, on peut apercevoir un lavoir en pierre dans lequel l’eau s’écoule jusqu’en bas de la vallée pour rejoindre la rivière du Gouédic. La pente de cette prairie est couverte d’un tapis végétal régulièrement entretenu. Au loin, on aperçoit le Tribunal d’instance, les habitations du centre-ville ainsi que le pont du Toupin.

 

Sur les traces de la Vallée

 

Avant les années 1980, la Vallée était délaissée et souffrait d’une image négative due à de mauvaises fréquentations. La peur qu’elle suscitait n’incitait pas les habitants à y descendre. À partir des années 1980, la ville décide de reconsidérer la Vallée et engage un programme de défrichage. Malgré cela elle est à nouveau oubliée jusqu’en 1998 où l'agglomération embauche de nouveaux jardiniers pour entretenir les espaces verts de la ville.

La Vallée sera le théâtre de la fête de l’Aube Nouvelle à la fin des années 1990, cet événement marquera alors le début d’une nouvelle ère...

 

Ci-dessous vous pouvez observer le changement entre une photo satellite des années 1960 (à gauche) et des années 2010 (à droite)

Les aménagements récents

 

En 2010, un projet de cheminement depuis le Pont d’Armor est mis en place et on s’intéresse davantage à l’entretien du haut de la vallée. Il y a une volonté d’ouverture de la ville sur la vallée pour que les gens puissent la découvrir et y descendre.

Un an plus tard, Saint-Brieuc signe une convention avec l’Office National des Forêts. Le but est de prélever des végétaux pour réaliser des vues et ouvrir la vallée. Il s’agit d’une sélection raisonnée, c’est-à-dire que l’abattage est réfléchi en fonction de l’aménagement du territoire. Aujourd’hui, 75 jardiniers travaillent sur les 3000 m² de fleurissement “naturel” de la vallée. La partie ouest, côté boulevard de Sévigné (que l’on aperçoit en face de notre point de vue) n’est pas encore incluse dans le plan d’aménagement. Sur notre espace “À l’orée de la vallée” on peut remarquer une fontaine et un ancien lavoir. Le lavoir a été rénové dans les années 1980 mais il n’est pas exploité. Notre espace fait partie du plan d’aménagement mené par l’Office National des Forêts.

 

 

Ci-dessous les traits rouges représentent les endroits où certains arbres ont été prélevés pour dégager la vue. On comprend alors la volonté de faire un seul espace en coupant ces arbres qui délimitaient deux espaces différents. 

 

Et pour l'avenir ?

 

Pour Raymond Cloarec, le projet d’aménagement de la vallée répond à 5 critères :

-  rendre le site accessible ;

-  relier les espaces ;

-  ouvrir la vallée sur la ville ;

-  signaler l’espace ;

-  faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de monde pour que la notion d’insécurité soit gommée.

 

Pour les futurs projets, on peut imaginer un parcours d'accrobranche ou un parcours sportif. Les décisions prises avec les élus de la ville vont toutes dans le même sens : essayer de faire en sorte que la topographie soit un atout du territoire et non un désavantage.

Pour cela, le service des espaces verts de Saint-Brieuc souhaite développer une signalétique importante : panneaux explicatifs des lieux et du positionnement, indications géographiques au sein de la vallée pour orienter les citoyens et visiteurs.

Un aménagement de mobiliers urbains est aussi prévu : tables de pique-nique, bancs, poubelles, etc.

Un projet d’aménagement d’un parking en contrebas de la résidence CROUS est envisagé pour faciliter l’accessibilité. Il s’agit également de rendre accessible les lieux aux personnes à mobilité réduite. On parle d’élargir l’espace piéton, de développer des liaisons douces et de réduire la pente à certains endroits. Le service des Espaces Verts  a aussi évoqué un fleurissement de la vallée (fleurs sauvages et arbres fruitiers).

Pour qui ? Pour quoi ?

 

La vallée est aujourd'hui régulièrement côtoyée par les habitants de Saint-Brieuc. On y rencontre des marcheurs, des botanistes, des pêcheurs, des joggers ainsi que certaines écoles pour la pratique sportive.

Nous sommes allées à la rencontre des étudiants de la résidence CROUS qui ont pu témoigner des usages : "On fait du sport, on fait du foot, il y a un terrain en bas. On descend et on remonte à vélo", "C'était la première fois qu'on y allait mais il y a des chances qu'on y retourne", "On y va juste pour se balader, il y a beaucoup de chemins".

En 2013, une fête célébrant la Vallée a été organisée, ce fut une sorte de « redécouverte » qui a réuni 10 000 personnes. Une seule édition a eu lieu, bien que “La Vallée en Fête” fut très appréciée par les habitants.

Cette fête a été organisée afin d’attirer les briochins, de les sensibiliser au fait qu’il y a un espace vert accessible dans la ville. Beaucoup d’animations ont été organisées lors de cet événement : trajets en petit train, piscine, informations sur le bois, sur l’eau, des jeux pour les enfants, etc. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l'article de Ouest-France du 7 octobre 2013 concernant la fête de la Vallée.

Il y a également une journée citoyenne chaque année le 20 mai où les habitants interviennent au niveau de la propreté de la Vallée.

Photographie prise lors de l'itinéraire réalisé par les étudiants dans la vallée


Les auteurs de l'itinéraire paysager de Saint-Brieuc sont : Amélie Menuet, Mélanie Gourgouillon, Eléonore Lazarin, Odeline Combier, Laurine Berhault, Julia Pivette, Alice Koziol, Anna Dubois, Justine Salmon, Auriane Peinaud, Floriane Le Borgne, Lucille Maffre, Mickaël Le Dain, Noémie Heronneau, Sarah Fedou, Morgane Richer-Deslignes, Camille Champoiseau, Léa Tournier, Céline Pasquier, Georgi Iliev, Marie Blanchis, Elise Lemuet, Aurélien Girard, Cédric Fauron.

 

Licence 3 professionnelle Protection et valorisation du patrimoine historique et culturel / Promotion 2016 - 2017  

Dans le cadre des Travaux Dirigés "Environnement et paysages" dispensés par Caroline Guittet (docteure en géographie)

Campus Mazier

2, avenue Antoine Mazier 

22 015 Saint-Brieuc Cedex 1